Texte écrit par Jean Duquette, spécialiste Chine aux Routes du Monde
Chaque fois que je parcours les publicités d’agences de voyages qui offrent un séjour en Chine, j’arrive difficilement à concilier des offres de certaines agences avec un circuit touristique qui permet au voyageur de connaître la réalité de ce pays. Les coûts demandés pour un voyage d’une vingtaine de jours sont si peu élevés qu’ils correspondent à la qualité de production des biens et services en Chine actuellement.
La Chine est aujourd’hui en phase de rattrapage pour offrir à sa population des biens similaires à ce qu’on retrouve ailleurs en Asie, en Europe ou en Amérique. Elle se retrouve comme le Japon dans les décennies 50 et 60 du 20e siècle. Elle produit rapidement, à très bas coût et avec une qualité incertaine. La majorité de leurs produits ont une durée de vie très limitée. C’est le cas de beaucoup de produits qu’ils exportent. L’invasion avec une motocyclette dans le Sud-est asiatique en est un bon exemple. Ils ont offert cette motocyclette au tiers du prix des motocyclettes de leurs concurrents. Mais après un an, les motos nécessitaient tellement de réparations que leurs propriétaires sont retournés vers les produits japonais et coréens.
Nous retrouvons cette même réalité sur les produits du voyage. Les circuits conçus par des agences chinoises et vendus chez nous par des agences locales répondent au concept du moindre coût pour des services limités, rapides à livrer et dans un réseau facile d’accès. On retrouve souvent des groupes de voyageurs 30 à 60 personnes avec un seul guide. Ce sont des circuits établis sur l’axe
géographique Pékin-Shanghai-Xian-Guilin et Hong-Kong et tout ce qu’on y retrouve sur ce territoire. C’est la Chine de l’Est, celle des mégalopoles et métropoles qui regroupent certains sites touristiques traditionnels. Mais cette Chine urbaine n’est pas toute la Chine. C’est la visite d’un territoire qui s’est développé en fonction d’un accès à l’océan avec d’importants moyens de transport. C’est pour cela qu’il est plus facile d’y amener le voyageur et de lui offrir des services à moindre coût compte tenu d’une concentration de population et de services. C’est une fenêtre sur le pays, celle de l’urbanité.
Mais vouloir connaître sur une même période la Chine, c’est aussi visiter les territoires où vit 75 % de la population chinoise. La Chine rurale, imposante et importante, offre un portrait beaucoup plus réel de ce pays. Comprendre la modernité chinoise est pertinent, mais saisir son âme et sa tradition l’est tout autant. Visiter de hauts plateaux habités depuis 3000 ans, le
centre recherche du panda géant, le grand Bouddha et les nombreuses minorités ethniques qui vivent sur les rizières en terrasses sont un contact privilégié avec des habitants qui perpétuent des cultures millénaires. Ce type de voyage en Chine ne s’offre pas à rabais. Il faut donc y
regarder attentivement avant de choisir son circuit dans ce pays presque aussi grand que le Canada. Séjourner une vingtaine de jours en Chine mérite qu’on sélectionne un circuit qui permettra un contact avec plusieurs réalités du pays dans un groupe de 14 à 16 personnes. Après tout, ce sera peut-être notre seule visite dans ce pays fascinant.








La femme voyageant seule (3)
Se vêtir de façon appropriée
La façon de vous vêtir détermine en grande partie l’attention que vous subirez de la part de la population locale, masculine et féminine, et des autres voyageurs. Les vêtements que vous avez sur le dos et la façon dont vous les portez affectent directement votre image, votre sécurité ainsi que vos échanges inter sociaux. Lorsque l’on voyage seule, adapter son code vestimentaire et le degré d’attention désiré selon le pays que l’on visite est assurément une forme de sagesse.
Où que vous alliez, apportez toujours dans vos valises un sarong de couleur foncée (grand tissu léger d’environ 0,8 par 2 mètres). Il vous servira pour couvrir vos jambes lors d’une visite à la cathédrale ou au temple, votre tête et vos épaules lorsque c’est indiqué, il vous servira également de rideau pour avoir un peu d’intimité dans un train, pour vous changer dans un dortoir ou à la plage et ensuite devenir une serviette pour s’y étendre.
Une attention redoublée
Vêtue de façon appropriée, il faudra ensuite garder un degré d’attention plus élevé qu’à l’habitude, surtout au début de votre voyage. Mettez-vous en mode d’observation et regarder comment les femmes du pays se comportent en public et avec les hommes de leur entourage. Essayez de vous ajuster à leur façon d’agir et de s’exprimer. Lors de vos échanges avec la population ou d’autres voyageurs, il peut être prudent de vous inventer un petit ami qui voyage avec vous et qui est « resté à la chambre ». Une bague de mariage, même fausse, envoie aussi un message auprès des hommes.
La plupart des livre-guides abordent le sujet des femmes voyageant seules. Ils mettent alors en perspective le pays visité versus la sécurité de la voyageuse dans le dit pays. Des sites Internet, comme l’excellent www.journeywomen.com, peuvent renseigner la femme qui s’apprête à partir en solitaire. Il y a de la littérature sur ce sujet ; fouillez, vous en trouverez.